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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 11:58

A l’occasion de cours dispensés à la Fac de Médecine, le côtoiement d’étudiants n’ayant pas la culture psy amène à de singulières confrontations.

Je trouve assez plaisant de saisir l’occasion de faire ce double mouvement, de se rendre compte où on en est de sa pensée professionnelle et aussi de percevoir où se situe la pensée commune.

A partir de leur doute, on peut se permettre de secouer leurs certitudes et les approximations de leur savoir parcellaire. Mais également, il faut s’imposer une remise en cause du point de vue psychocentré, l’évidence de la théorie dans laquelle on patauge depuis des années. Ça permet au moins de reprendre contact avec la réalité qui dit qu’il y a d’autres points de vue. En somme, les médecins qui ne voient QUE le corps n’ont pas forcément plus tort que les psys qui ne voient QUE l’appareil psychique. En fait, rivés à leur petite lorgnette, les deux ont tort.

Mon cours était en partie axé sur les mécanismes de défense psychiques, ce que le Moi met en place pour tenir. De par le fait, l’exemple le plus consistant de leur incompréhension tourne autour de l’Inconscient. Il y a une confusion évidente dans le verbiage quotidien et les années de pratique nous éloigne du sens commun (encore heureux…).

Communément, c’est un terme qu’on connait, qu’on utilise avec une certaine banalité, mais dont la réalité psychanalytique affiche une profondeur bien autre. Le terme en lui-même s’interroge. De quoi parle-t-on quand on parle d’Ics ? Qu’est-ce qui n’est pas conscient ? Qu’en est-il des associations d’idées que permet le langage et qui passe en deçà du seuil d’éveil de la réflexion, ces choses auxquelles on pense sans même avoir l’idée qu’on y pense ? Est-ce que cela recouvre les actes automatiques ? Que dire de l’Ics cognitif, des opérations mentales qu’on fait et dont on n’exprime que le résultat : s’agit-il d’inconscient ? Alors qu’il y a cet autre qui vit en nous, qui parle dans nos rêves ou notre désir, et que des années de psychanalyse débusquent à peine, celui-là aussi est dans l’Ics... Et tout ça pour arriver à la conclusion que cet Autre, c’est moi aussi.

La difficulté rencontrée lors de ces cours peut se résumer ainsi : comment penser quelque chose qui se définit justement par l’impossible à le saisir ? Comment croire en quelque chose qui n’a de cesse de se dérober, sinon de par le fait que tout atteste de sa présence ? C’est d’ailleurs en cela que se fait la différence entre l’Inconscient et la religion : l’un est empirique et vérifiable, l’autre est dogmatique et s’accepte.

Dans la pensée commune, il existe une confusion évidente entre Ics et effet de l’Ics, transaction du Moi pour faire apparaitre les choses sans qu’on les voie et vie psychique insaisissable sans un travail préalable. D’ailleurs, à la lumière de l’interprétation, c’est toujours ce prodigieux « J’avais pas vu ça comme ça. » que nous sert le patient lorsqu’on éclaire quelque peu ses zones d’ombre.

Alors que c’est là, en permanence, agissant et indépendant. Je n’aurais pas cru, sans lire leurs copies, en la nécessité absolue d’insister sur le caractère fuyant, insaisissable de l’Inconscient. Pour ces esprits peu aguerris, le Moi dispose d’un panel de défenses adaptables qu’il convient d’ajuster pour se sortir des situations problématiques face au patient. Nulle dimension d’INSU, aucune conscience du danger, pourrait-on dire. Et cette naïveté est amusante à voir, si ses effets ne se reportaient directement sur la relation soignant-patient, avec des conséquences essentiellement pour le patient.

a compléter...

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