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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 15:54
Une question qui préocuppe grandement l'art du psychologue est une définition claire de son art.

sortie de la simple définition de l'étude de l'âme et de la clinique qui s'applique au pied du lit, cette difficile question est à l'image de la perplexité du sujet auquel elle touche : la personne humaine.
Si la psychologie est l'étude des fonctionnements psychiques humains, on ne peut que difficilement appréhender l'étendue de ce que cela représente. L'inconscient parle beaucoup plus et beaucoup plus vite que la conscience, et le temps qu'on réfléchisse à tout ça, mille autres connexions ont eu le temps de se faire. et il nous faut un temps immense pour retracer tous ces liens, dont la plupart se font justement en dehors du champ de la conscience.
Les bibliothèques de Sciences Humaines sont pleines que ce que le cerveau de chacun enferme déjà.

La psychologie a donc de multiples facettes, de nombreuses disciplines : clinique, sociale, appliquée au travail, au développement, au sport, à la santé, aux organisations, à la famille, au couple, et bien d'autres encore.
cette profusion de savoir montre bien la complexité du sujet traité.

la psychologie peut alors se définir dans les théories qui la sous-tendent, les buts qu'elle poursuit, les pratiques qui s'y adaptent :
il y a la métapsychologie, issue des découvertes de Sigmund Freud, et qui retient pour expliquer le fonctionnement humain les concepts psychanalytiques d'inconscient, de Moi, Surmoi et de ça, le fonctionnement basé sur le conflit et sa résolution, les énergies pulsionnelle, etc...
D'autres théories vont s'attacher à expliquer le comportement, comme les théories comportementales. Considérant que l'être humain n'est jamais seul et qu'il vit au milieu des autres dans un ou des systèmes, il existe une théorie dite systémique.
il existe aussi des théories dites existentialistes, et d'autres encore, mais toutes ont un point commun d'observer l'homme selon un angle différent. Ensuite, selon ce qui prévaut dans l'esprit du théoricien, telle ou telle dimension particulière prévaudra sur le reste des considérations et fondera la pierre angulaire de la théorie.

en fait, aucune théorie n'a véritablement raison sur une autre. Je laisserai pour l'instant de côté la question de savoir qui peut avoir raison, ainsi que de savoir si cela est, au fond, nécessaire.

une théorie, c'est un pinceau lumineux sur l'obscurité du monde. ça n'éclaire (n'est clair) que dans la direction où on le pointe. j'utilise une métaphore que j'aime bien : c'est l'histoire d'un homme qui cherche sa montre la nuit  sous un lampadaire. au bout d'un moment, un passant s'arrête pour l'aider. il se rend vite compte que, dans le rond de lumière, il n'y a pas de montre. Il finit alors par demander au monsieur :" on cherche, on cherche, mais vous êtes sûr que c'est là que vous l'avez perdu?
- Non, répond le premier, mais il n'y a que là qu'on y voit....."

Donc, les théories sont multiples, indispensables pour débroussailler cette complexité, la plupart irrédictibles les unes aux autres, mais en tout cas partielles, n'expliquant qu'une part du fonctionnement humain vu à travers une petite fenêtre de concepts, à une époque, dans une culture.


Alors, pourquoi fait-on de la psychologie ?
C'est peut-être là qu'on peut trouver un point commun à cette multitude, un objectif vers lequel la majorité des disciplines tendent.
Généralement, le but de la psychologie est de "Comprendre et Améliorer".
Une théorie a pour but de donner un modèle explicatif à une observation complexe, mettre des mots sur des faits, dévoiler les mécanismes. Cependant, contrairement aux sciences dites physiques, les sciences humaines poursuivent de surcroit un autre dessin : faire que les choses aillent mieux, poussées par la requète sinon du bonheur, au moins du bien-être, puisque les modèles théoriques expliquent les fonctionnements et aussi les dysfonctionnement, et donc, comment éviter ou supprimer le second pour obtenir le premier.

La psychologie, sortie des laboratoires, peut se résumer à cette dimension, qu'il ne faut surtout pas mentionner devant les jurys d'examen tellement c'est bateau. Pourtant, le psychologue est là pour ça : aider l'autre à ce que ça aille mieux, à ce que quelque chose aille mieux en lui. Et de nombreuses disciplines endossent cette charge qui vise à améliorer la place et le sort de chacun.



Qu'est-ce qu'être psychologue?

Et si le but de la psychologie est d'apporter une aide à quelqu'un en souffrance ou en difficulté, il se posera donc pour le psychologue la question de : pourquoi vouloir être psychologue et aider l'autre ?
D'où émane cette volonté de se mettre au service de l'autre par son écoute?
Généralement, cette question, qu'il est indispensable de se poser, trouve réponse au fil de l'analyse, c'est à dire dans le cabinet du psy, psychologue ou psychanalyste. C'est une question importante car ce désir d'aider, d'entendre, de soutenir l'autre prend racine dans quelque chose d'ancien et profond. Il est nécessaire de savoir ce qui motive ce désir, afin que sa réalisation ne satisfasse quelque chose de détourné qui, au final, ne s'adresse pas à l'autre.

Il peut y avoir mystification du but, et ainsi mensonge sur l’intention initiale.

Pourquoi vouloir s’occuper de l’autre, en prendre soin, dans quelle revanche ou quelle réparation ? Dans quelle nécessité à combler ? Le don de soi, aussi belle soit l’idée, est tout de même une denrée rare. « Etre là pour l’autre » s’interroge. Cette question peut d’ailleurs être soumise à toute personne ayant une profession de ce type. Tout ce qui est médical ou paramédical, tout ce qui touche à l’enseignement ou à l’éducation, tout ce qui met en lien avec d’autres personne en état de faiblesse, on doit s’interroger sur ce qui pousse à ce dévouement.

L'autre, celui qui est aidé, n'est pas là pour récolter les fruits de nos névroses, le nosocomial psychique, ou plus simplement la somme des mécontentements liés aux dysfonctionnements institutionnels.

 

Etre psychologue, c'est avoir cette attention à ce qu'est l'autre, à ce que nous sommes dans sa rencontre, et à ce que cette rencontre provoque aussi chez lui. 

C'est la perception inverse de "l'autre comme soi-même", c'est à dire l'autre comme moi-même, avec la richesse de sa vie psychique, ses ressentis et émotions, ses rêves, sa façon de comprendre les choses, sa façon à lui, en connaissance des phénomènes de projection. Etre psychologue, c'est être capable d'une compréhension profonde de l'autre, sans mettre mes idées à la place des siennes. L'autre est autre, et aussi proche pourrais-je être qu'il me sera toujours inconnu. Mais pas complètement.

Voyez, là encore, il reste un part d'indiscible. Oui, l'autre est là, presque, mais pas tout à fait quand même... C'est toujours dans le "presque ça", ce que la Science exacte abhorre, et ce qui rend la psychologie peu scientifique, au sens classique du terme.
Etre psychologue, c'est, sans peur, pouvoir dire à l'autre: "Sois".
Je ne saurais que vous conseiller de voir cette vidéo, même si elle dure un peu plus d'une heure :
http://www.canal-u.tv/themes/sciences_humaines_sociales_de_l_education_et_de_l_information/sciences_de_l_homme/psychologie/la_psychologie_les_conditions_de_la_survie




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Aurélien LEGRAND
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