Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 14:41

A l'occasion de ces dernières semaines de travail forcené, j'ai passé beaucoup de temps auprès, avec et devant mon odinateur.

A tel point que je me suis mis à Twitter.

Oh que c'est beau. Quel belle invention que cette affaire-là !

En fait, c'est très pratique, car ça te permet de dire à la Terre entière, condensée dans une remarquable liste d'amis, tout ce qu'il te passe par la tête, faire découvrir ce que tu viens de découvrir, partager dit-on, bref, faire du réseau social.

 

J'ai commencé avec quelques abonnements, une poignée d'abonnés.

Il y avait essentiellement les choix du moment, à savoir Kyan Kojandy et Navo (l'auteur de Bref), Arnaud Tasmère parce que je le trouve bien timbré, et l'inévitable Alexandre Astier, parce je trouve chaque jour en cet homme soit une inspiration soit une bonne raison de rigoler, ce dont il ne faut pas se priver. Par les hasards qui régissent le monde, les difficultés et questions que rencontraient le roi Arthur étaient à l'image des difficultés et questions que je rencontrais.

Parmi mes abonnées, il y a trois personnes que je connais pour les avoir physiquement cotoyé, les autres sont des connaissances, des relations de connaissances, des connaissances de relation qui ont entendu parlé de quelqu'un qui leur a tweeter un truc un jour mais comme c'était vachement bien.....  Des ombres.

 

Les mots qui reviennent souvent dans la tweetosphère sont : 1) Suivez-moi, ou 2) Retweetez-moi.

1) C'est un appel à faire grossir la liste de gens inscrits en tant qu'abonnés sur votre compte et qui recevront tout message que vous posterez.

2) L'autre formule incite le correspondant à relancer l'info que vous venez de lui adresser. ça se fait beaucoup auprès des personnalités, c'est pris comme un petit signe de leur part, "C'est mon anniversaire, RT, please", et si le quidam répond, c'est la joie éphémère d'avoir, l'espace de 4 secondes, compter dans l'idée d'une quelconque star.

 

Inutile de dire que, vu mon activité internautique et mon sens social, l'accès à ces réseaux m'est carrément contre-indiqué. Globalement, moins de 1% des tweets présentent un intérêt. Car si le fait d'être abonné à la TweetLine de quelqu'un vous permet de lire ce qu'il y inscrit, vous avez aussi accès à tout un tas de commentaires d'un intérêt plus que mitigé des autres paumés sans amis du net qui veulent apparaitre dans un semblant de vie sociale....

 

Afin de poursuivre l'expérience, j'ai eu recours à un site nommé Metwee. Il s'agit d'une sorte de programme qui prend votre compte en main et génère autaomatiquement des abonnements sur d'autres comptes. Chaque heure, ça génère une vingtaine d'abonnement, sans doute par  un calcul savant de centre d'intérêts, ou de celui de vos abonnés. En 24 heures, je suis passé de 30 abonnements à 520 (une augmentation de 1600%). L'effet produit est qu'en face, trop content d'avoir de nouveaux abonnés, le quidam vous renvoie la pareille et s'abonne à votre compte. Là, effet similaire, je suis passé de 12 à 56 abonnés sur la même période (+366.66%). Bien entendu, je ne connais pas ces personnes, et je fais un tri sélectif parce que c'est bien souvent concours de néant.

 

Au delà de ça, une question que je remue souvent est: "Mais que vient-on faire sur ces réseaux ?".

Est-ce qu'il s'agit d'obtenir une visibilité, une chaine d'échanges, de montrer qu'on est là, de propager la bonne parole (souvent la sienne). Est-ce une autre façon de dire "Hé, je suis là!!" ou bien "J'ai quelque chose à dire!!!"

Sommmes-nous dans la prédiction d'Andy Warhol : "Un jour, grace aux média, tout le monde aura son heure de gloire...", et Tweeter en est-il le vestibule?

Sommes-nous là dans une quelconque chimère, une attente, l'espoir d'un souffle de célébrité?

Qu'est-ce qui nous pousse à mettre ainsi à la face du monde notre quotidien, notre instantanéité, sous couvert d'un anonymat étrange dont l'étymologie à elle seule vaudrait le coup qu'on s'y penche, à adresser à des centaines de personnes qui s'en foutent des messages qui tomberont dans l'oubli dans les 20 ou 10 minutes qui suivent.

 

Sur ce genre de média, en appellant au following, qu'est-ce qu'on cherche?

Qu'est-ce qu'on attend et espère? Qu'est-ce qu'on désire?

Sommes-nous autre chose que des vagues, issues de cet océan internautique, porteuses du plus puissant et du plus personnel des messages, que nous allons livrer au silence du premier rocher venu sur lequel nous nous écraserons, dans l'espoir qu'il s'en émeuve et qu'il nous réponde.

 

Ensuite, j'héberge un chat qui dort de 7h à 1 h du matin. Mais quand il ne dort pas, il ne dort pas.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Psychologie quotidienne d'Aurélien LEGRAND
  • Psychologie quotidienne d'Aurélien LEGRAND
  • : Psychologie de tous les jours, de la vie du psychologue, de ce qu'il pense, et là, qui vous le dit...
  • Contact

Recherche

Pages