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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 09:39

Comme vous le savez tous, fidèle auditoire, ce jour du lundi 18 fut émotionnellement très chargé, puisque le matin se déroulait les épreuves écrites (pour lesquelles je remercie Clémentine) alors que l’après-midi se tenait la soutenance du mémoire (pour lequel il me faut remercier Danielle sans qui je serai un abruti).


            Au cours de celle-ci, j’ai été surpris par les commentaires des examinateurs. Ils ont beaucoup insisté sur la clarté de mon propos, alors que l’introduction les avait quelques peu effrayés, posant les bases de ma réflexion dans sa globalité, à savoir tenter de trouver des points de jonction entre la psychanalyse et les sciences cognitives.


            Alors bien sûr, dit comme ça, ça fait peur, ou sourire. On s’imagine déjà les cotations de modularités du gradient d’amour maternelle, la rééducation fonctionnelle du complexe d’Œdipe ou pulsions des fonctions exécutives, tout ce qui fait rêver. Je vais donc préciser avant qu’il ne faille interner tout le monde. On ne peut pas mettre en relation, en miroir, en concordance la psychanalyse et le cognitivisme. Ça ne parle pas de la même chose, le propos n’est pas le même. La science a un objet, et la psychanalyse un sujet…..


            Cependant, comme je ne pense pas qu’il y ait des gens qui fonctionnent uniquement en psycho-dynamique sans aucun processus cognitif, pas plus qu’il y en ait qui ne soient que pur processus sans aucun affect, il y a de bonnes raisons de croire que ces théories ne sont que les différents éclairages d’un même objet. Alors, ça peut paraitre simpliste dit comme ça. On le sait bien que les théories sont des éclairages, que ça ne dit pas tout, et que selon là où on se place, on ne voit pas la même chose. Oui mais, quand on change radicalement de point de vue comme je l’ai fait, ça se voit mieux. J’ai ressenti cette étrange confusion en entendant des collègues parler d’un enfant, à grand renfort de « toute puissance, opposition, vérification des limites, le cadre de la Loi, le nom du père » et tout le tremblement, tout en entendant la voix intérieur qui disait : « rapport au langage, capacités d’intégration des normes sociales, structuration de sa représentation visuelle du monde, implication et langage somato-corporelle ». Bref, tout ceci me disait : il n’y a pas que ça ! et ce point de vue très psycho-centré me paraissait soudainement fort parcellaire.


            Non, il n’y a pas qu’un seul point de vue. Mais la difficulté persiste à vouloir les unir, puisque chacun s’ancre en partie sur l’autre. Même faire du sujet, dire « Je », nécessite des capacités cognitives. L’inconscient, pour se mettre en place, pour se structurer ou non, a besoin d’organiser les choses, de les ranger, de les classer pour les retrouver. Ça se fait tout seul ou un processus s’en occupe ? Et ce processus se met en place, se consolide et devient effectif à partir de règles de renforcement, elles-mêmes bâties sur des préférences ou des « retours sur expérience », suite à la réponse donnée et le bénéfice qui en est dégagé, suite à un sens donné à cette réponse. On ne peut pas désintriquer les deux point de vue, comme si, sous un éclairage vert, on pouvait en tout point affirmer qu’ici, c’est du jaune et là, c’est du bleu.


            Je pense que parfois, on fait un peu trop confiance à nos chapelles, qu’il est malvenu de remettre les choses en questions, et qu’il existe toujours une sorte de bouc-émissaire théorique, une théorie qui est tout ce que la notre abhorre. Il y a peut-être une façon un peu plus sensée de comprendre ça, avec davantage de hauteur, de perspective, une autre raison que celle d’avoir « raison contre », mais pour créer cette intelligence, il faudrait se parler.


            Alors là…………………….

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