24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 12:02

Comme tout le monde, je crois qu’il est temps de donner mon avis alors que personne ne me l’a demandé.

 

Aujourd’hui, pour bien rester dans les rangs moutonneux de ceux qui croient tout savoir sur tout, je vous fais profiter de mon manque de recul et de mon opportunisme de mauvais gout pour vous parler de ça.

 

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La peur de l’image de la mort, ou « Ouhlala qu’il est vilain le monsieur avec son foulard »

Ce qui me dépite le plus, c’est l’épidermisme réactionnel, les torrents de bonnes pensées déversés aussi sec sur le Net avec une élaboration qui aurait bénéficié d’un peu de maturation (euphémisme).

 

Non, je ne fais pas confiance à ceux qui jettent leurs pensées immédiates. Je ne peux qu’être circonspect quand je me rappelle que cette même population a besoin de textes de lois pour lui rappeler qu’il ne faut pas laisser les chiens faire leur crotte dans le bac à sable du square où jouent les enfants, qu’il convient d’être poli en société ou de se pousser de devant les portes du métro pour laisser les gens descendre avant de faire le forcing pour y entrer.

 

Notre environnement culturel ne nous aide pas. Lors de la prise d’otages d’In Amenas, il fut lâché sur les chaines d’informations des vidéos prises au téléphone portable, et ce en un temps record. Images désertiques, corps abattus, mais tout de suite, floutage des images des terroristes morts. Quelle est donc cette information qui ne dit que ce qu’on peut supporter d’entendre : oui, il y a des morts, mais on ne vous les montre pas parce que …. Et parce que quoi ? On veut bien que les méchants soient morts, mais on est incapable d’en supporter la vue.

Je trouve ridicule ce déni, ce «  ne pas vouloir voir », ou comme je le transige souvent, de ne pas pouvoir voir, ne pas être en mesure de supporter les conséquences de nos décisions. On veut de l’info, on veut que ça claque, mais pas trop quand même.

Or, cette barbarie existe. Certains ne rêvent que de voir le monde en flamme, et nul compromis n’est possible avec eux. J’en viens donc à me demander, avec un parallèle certain avec mon questionnement sur les soins palliatifs et la fin de vie : pouvons-nous voir cet impossible ?

Notre société démocratique, prônant que la discussion est toujours possible, produit de grandes idées aboutissant à la suppression de la peine de mort, même pour les crimes les plus horribles. Mais ne serions-nous pas dans la même veine en pensant que rien n’est irréversible, tout affreux peut un jour revenir sur ses paroles et redevenir gentil, et que nous ne nous laisserons jamais aller à l’inhumanité de nos semblables les plus condamnables ? Quel manque de lucidité, nous laissant croire qu’on ne sera pas obligé de tirer…

Au Mali, c’est la guerre, contre des gens qui ne se résigneront pas, et qui ne veulent pas qu’on ne tire pas car leur cause le justifie.

Au Mali, ce n’est pas ce qu’il se passe à la télé. C’est (Oh, expression absurde) la vraie vie, avec de vraies balles qui font de vrais morts. Mais nous, à 4.000 kilomètres de première détonation, que pouvons-nous supporter de ça ? Que pouvons-nous tolérer de voir sur nos écrans ? Dans quelle barbarie pouvons-nous accepter d’être embarqués ? C’est comme un gamin qu’on prévient plusieurs fois qu’il  faut qu’il arrête, sinon c’est la claque. Passée une limite, ou on lâche la foudre et on passe pour un méchant, ou rien, et on passe pour un peigne-cul.

Alors oui, certains y vont avec armes et bagages et foulard (décidément, ces histoires de foulard nous auront peiné jusqu’au bout), mais ils y vont. Et oui, chers défenseurs des bonnes consciences, il eut été préférable que les méchants soient en fait des gentils qui nous faisaient une bonne blague, que les bombes soient en mousse et qu’on rigole un bon coup à la fin, comme chez Bélivot.

Mais le monde est autre que ce que nous vante le télé-achat, que ce que nous mentent les médias, que ce que notre morale tolère. Et cette violence-là, qui n’est jamais loin dès qu’on nous pique une place de parking, notre société de consensus nous illusionne qu’on peut la dominer.

Et la mort qui est tout au bout, nous aurons beau vociférer tant et plus, quand l’équipe d’en face ne nous souhaite rien d’autre, qu’advient-il de nos idéaux qui seront balayés si nous ne sommes de taille à les défendre ?

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PsychAurélien - dans News
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Thanks for writing the article titled The Soldier’s Death and this is a very good share to educate the people about the brutality of war and the outcome of war. There is no winner in a war and I hope the nations around the world will find ways to solve world crisis in peaceful means.

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