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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 10:49

Le grand sujet qui fait discuter à la ferme en ce début d'années, c'est bien sûr le texte de loi sur l’autorisation du mariage pour tous, c’est-à-dire pour les homosexuels. Très vite, la question fut suivie d'une autre encore plus épineuse: qui dit mariage dit famille, qui dit famille dit enfant.

 

Le débat est devenu : le droit à l’adoption et à avoir des enfants.

 

Aujourd'hui, à la veille de la manifestation contre ce mariage pour tous, je me demande comment je réagirais, moi,  hétérosexuel, dans une société qui prone la liberté et le respect, si cette même société me disait : "Non, tu n’as pas le droit de vivre cette histoire d’amour" et qui déciderait de sanctionner mes choix amoureux et sexuels en m'interdisant la parentalité.

 

Derrière cela, quelle est la question ? Que se passe-t-il donc qui mobilise tant la vindicte populaire, en dehors de quelques culs-bénis qui clament que "Non, le bon Dieu ne nous a pas fait comme ça" ?.... (rappelez-vous que Dieu a dit aimer ses enfants, et tous ses enfants...)


Les homosexuels veulent ce qu'on appelle "mariage", entre autre, pour assurer une protection à leur descendance, reconnaitre et/ou être reconnu comme parent de son enfant ou de celui dont le (la) conjoint(e) partage le patrimone génétique. Car il ne faut pas ometre un pint : les homosexuels qui sont en couple considèrent l'enfant, même s'il n'y a pas de lien du sang, comme leur enfant, leur famille, même en l'absenc de tout apport de métériel génétique.


Derrière ça, derrière ce « contre nature » qu’on entend à tous bouts de champs, il y a effectivement quelque chose de biologique qui pointe son nez.

Il est vrai de dire qu’un enfant a besoin d’un papa et d’une maman. Ou plus exactement, il a besoin d’être élevé par une fonction paternelle et une fonction maternelle. Il a besoin de regards et d’attentions, il a besoin qu’on le câline et qu’on le caresse, il a besoin qu’on lui parle, qu’on lui autorise et qu’on lui interdise. Par contre, ce serait se tromper de penser que ces rôles soient rigoureusement dévolus à chaque sexe. Et peut-être alors nous découvrir que nos schémas d’éducation Papa-Maman ne sont pas les seuls qui fonctionnent…

Comme nous somme face à un schéma de procréation non conventionnel, nous ne pouvons que nous inquiéter de cette nouveauté. Parce que ce n’est pas comme ça que se font les enfants. C’est un male et une femelle. Mais la science nous a donné les moyens de faire autrement, et de permettre à des gens qui ont fait d’autres choix de vivre tout de même les grandes aspirations de l’espèce humaines (la procréation) dans les cadres sociaux du mariage et de la famille.


Car avoir choisi ou être homosexuel ne dispense pas de cette envie viscérale de vouloir avoir des enfants, de cet impératif biologique, pour certains. Et là, au nom de quoi pouvons-nous empêcher un individu de devenir parents ? Serait-ce au nom du principe de précaution et de la sauvegarde de l’enfant ? Hé, il faut arrêter de raconter des conneries. Il semblerait que quelques éléments contredisent cette logique. Tout d’abord, il n’a jamais été démontré que l’homoparentalité soit néfaste pour les enfants. En même temps, il faudrait faire des études comparatives, ou des tests sur échantillon, en confiant un panel d’enfants à des couples homo et hétéros et repasser 15 ans plus tard pour voir ce que ça a donné, (et récupérer le matériel expérimental)… Peu crédible.

L’autre péril, ce serait de pouvoir déterminer qui a le droit ou non de pouvoir accéder à la parentalité. Or, c’est déjà le cas, puisque les couples homosexuels n’y ont pas légalement accès à l’adoption, ni à la reconnaissance des droits parentaux du conjoint. Il est pourtant des individus drogués alcooliques violents et non insérés socialement qui décident de se faire une progéniture, et personne ne trouve rien à redire…

 

Je pense que derrière l’émoi que soulève cette question de société se terre une problématique plus profonde, plus instinctive, plus sourde. Ça fait appel non à notre condition d’humains civilisés dans une société moderne du XXIème siècle baignée d’idées de tolérence et de respect des convictions de chacun, mais plutôt à de la biologie, à du moléculaire, et avant la transmission du patronyme, du patrimoine immobilier, il y a cette question du génétique, du patrimoine génétique, de ce qu’on va transmettre de nous, de notre corps, de l’intimité même de chacune de nos cellules.

Le débat s’emporte parce qu’il est insupportable de s’entrendre refuser le droit à l’enfantement. Parce qu’il est insuportable de se voir refuser le droit à la reconnaissance de la parentalité. Parce que s’il advient quelque chose au parent biologique de l’enfant, l’autre n’est rien, l’autre n’existe plus. Et cette dénégation d’existance est insupportable. Qui peut vivre avec ça ?

Par ailleurs, cet appel forcené au droit de s’unir dans l’amour ( et il est vrai que la communauté homosexuelle aurait pu faire un petit effort d’imagination pour trouver un autre mot que « mariage ») et de fonder une famille avec des enfants, cela rappelle un peu trop fort la finitude de toute espèce vivante dont le seul espoir de ne pas se voir totalement disparaitre est de s’assurer une descendance. L’espoir alternatif est la conviction d’un paradis offert par la religion, mais dans les deux cas, quoi qu’il en coute, ne pas se retrouver trop directement confronté à l’idée de la Mort…

Parce que ça rappelle que nous sommes mortels et que la seule solution pour éviter une disparition complète est l’enfantement. Mais la biologie ne dit heureusement pas tout. Il y a aussi la filiation, la descendance, qui peut très bien s'exprimer par le biais de l'adoption.

Ce qui importe à l'enfant, qu'elle que soit la sphère familiale, c'est la clarté du propos qui lui est tenu dans le but de son organisation psychique. Plutôt que de dénigrer, interdire et laisser libre cours aux propos diffamatoires et homophobes, il peut être tenu un autre discours de démystification et de tolérance. Je reste convaincu que les choses peuvent être expliquer à l'enfant, mais pas par n'importe qui, car la nécessaire clarté ne peut être obtenue que par ceux qui ont fait la lumière en eux. Permettre la vie de couple des homosexuels ne veut pas dire laisser libre cours à tout et n'importe quoi. Par contre, condamner sous des prétextes religieux et mettre l'obscurantisme en avant est la voie royale pour complexifier le débat.


Sommes-nous véritablement dans une société libre de ses opinions, dans le principe républicain de la fraternité? Assumons-nous la liberté de l'autre qui vient nous chercher, contre son gré, dans les retranchements des fondements identitaires de notre sexualité? Pourquoi l'homosexualité nous dérange tant, alors que nombre d'entre eux ne demande qu'à vivre en paix?


Et enfin, dans cette société de la maitrise, des performances de la médecine, des crèmes anti-rides et de nos illusoires victoires sur la Mort, pourquoi des gens qui viennent clamer leur désir de s'insérer eux aussi dans la marche de la Vie, pourquoi cela nous dérange-t-il tant?

 

 

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