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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 16:37

La réflexion se poursuit.

Ces nouveautés théoriques rencontrées au fil de la rédaction de mon mémoire sont sources de bien des questions.


J’ai toujours à l’esprit cette tentative de dialogue entre les sciences cognitives et la psychanalyse. Elles sont articulées par beaucoup de « oui, mais... » renvoyant chaque point à une explication opposée de l’autre point de vue.


La psychanalyse dit quelque chose, mais le cognitivisme explique pourquoi. Le cognitivisme démontre quelque chose, et la psychanalyse en cherche le sens. Les autistes ont rompu le lien de la communication, mais leur cerveau ne leur permet pas de traiter les informations non-verbales de la relation sociale. Les symptômes qu’ils présentent, le syndrome autistique, sont le reflet du silence du monde de leur point de vue (ou de leur point d’entente). Que penser d’un monde dans lequel, quand les gens s’expriment, la moitié de ce qu’ils disent passe par les mimiques du visage, si on est incapable de regarder ce visage, parce qu’on n’a pas en tête les schémas qu’il faut pour aller chercher là ces informations, schémas stockés dans le sillon temporal supérieur dont l’IRM montre le dysfonctionnement ?


Dans ce cas, une condition neurologique préexisterait-elle à la mise en place du syndrome ? Oui mais, pas que… Il y a aussi l’enaction, l’influence de l’environnement qui permettent à certaines choses de se mettre en place ou non, quel que soit le capital génétique. La psychanalyse répond aussi, et ce quelles que soient les origines qui ont amené cet individu à être tel qu’il est, qu’il en est ainsi, cet individu, et qu’on ne peut le réduire à un faisceau de causalités neurologiques. Il y a autre chose, en plus, un tout au-delà de la somme des parties. On pourrait résumer à les sciences cognitives disent pourquoi ça marche ainsi, alors que la psychanalyse dit : « peu importe ce savoir ».

 

La difficulté réside dans cet entre-deux, qu’aucune de ces deux sciences ne prédominent sur l’autre, et ce sans glisser vers ce qui, dans chacun des camps, exclue l’autre possibilité de réponse. Dès lors, il ne va pas être question de s’adresser seulement à ces capacités cognitives particulières, mais davantage de s’entretenir avec cet autre humain, en étant un tant soit peu renseigné sur la façon particulière qu’il a d’appréhender le monde.

Il ne faut pas perdre de vue la personne face à nous, le sujet, et le travail de son inconscient qu’aucune science ne pourra opérationnaliser ou rendre totalement compréhensible. Ce non-savoir, il nous faut le supporter.


Quelle que soit la façon de voir les choses, la route par laquelle je vais poursuivre ce chemin, il reste une base qui peut se résumer ainsi : et toi, que veux-tu ?

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