Psychologie de tous les jours, de la vie du psychologue, de ce qu'il pense, et là, qui vous le dit...
Je trouve qu’il se révèle une dichotomie entre le discours ambiant actuel de la valorisation individuelle, peut-être due à ce qu’a engendré la psychanalyse dans l’importance donnée à la parole de chacun, et ce que propose la société de consommation du « avoir pour être »,qui se décline en « avoir mieux que le voisin pour… » être un cran au dessus….
Ce culte de la réussite et de la performance individuelle trouve mal son écho dans les questions qui tourne autour de la fin de vie. Car, à la fin, à quoi bon tout cela ? Tous égaux face à la mort, on sera, au trépas, tous logés à la même enseigne. Et le seul moyen vers lequel on se tourne, c’est justement l’autre, cet autre qui nous accompagnera, l’entourage, la collégialité.
Dans une société si individualiste, l’approche de la mort se teinte de la terrible injonction de « ne pas mourir seul », devant l’angoisse dans laquelle elle nous place et qui ne trouve de réponse qu’en s’en remettant aux autres. C’est ce qui se dit dans le « je ne veux pas mourir à l’hôpital », dans un service froid et impersonnel, sans personne qui me tienne la main, loin de mes proches, seul, seul, seul de mon chez moi… Je veux mourir chez moi, dans mon quotidien, dans mes affaires personnelles, là où je suis encore quelqu’un…. Ce autour de quoi tourne la Loi avec ces termes de dignité, c’est apporter l’assurance au grand malade qu’il ne sera pas que cela, ce corps cachexique et douloureux, qu’on pourra lui répondre jusqu’au bout en le regardant encore lorsqu’il dira : « Dites moi que je suis encore quelqu’un ».