Psychologie de tous les jours, de la vie du psychologue, de ce qu'il pense, et là, qui vous le dit...
ça, il fallait que ça arrive.....
A force de faire des mélanges bizarres, je finirai bien par tomber sur quelque chose de consommable ou pas, comme le Coca-Cola...
Depuis longtemps, je réfléchis à l'accompagnement des personnes en fin de vie, à ce qu'on met en place dans le maintien de la vie, dans le vivre, jusqu'au bout, et l'importance du relationnel, comme s'il fallait attendre ces derniers moments pour se rendre compte de la valeur de la renconte....
Avec cette nouvelle formation, le D.U. de Neuropsychologie, je vois ou revois des choses, des concepts. Celui de la théorie de l'esprit, (les processus cognitifs permettant à un individu d'expliquer ou de prédire ses propres actions et celles des autres agents intelligents), j'en avais entendu parler il y a longtemps, sans toutefois lui attribué une force hors norme.
Donc, ce matin, se mélangent dans ma tête ces deux notions : qu'en est-il de la théorie de l'esprit, la compréhension des états mentaux d'autrui, dans une dynamique
d'accompagnement en Soins palliatifs ?
La théorie de l'esprit ne fonctionne qu'avec des ressentis connus. Pour comprendre l'état mental de l'autre, je dois avoir en tête cette expérience, ce vécu.
Comment pourrais-je comprendre ce qu'il se vit sans en avoir quelques bribes? Même si je ne possède pas les détails, j'en ai au moins de signifiants contenus. Je peux comprendre les émotions que
vit l'autre pour les connaitre aussi, ou me faire une représentation de ses états mentaux, parce que je les connais plus ou moins personnellement. Dit autrement, nous parlons le même
langage.
Mais si je n'ai jamais vécu ce que l'autre est en train de vivre, comment peut-il y avoir partage d'émotions? Je ne parle pas des autres expériences de vie : il
n'est pas nécessaire d'avoir tout vécu pour écouter ce que les gens ont à dire d'eux-mêmes. Les émotions, quelques soient les expériences, on les retrouve. Je parle de l'accompagnement du moment
péri-mortem.
Que puis-je comprendre, moi, écoutant, accompagnant, de cette peur, de ce ressenti de la proximité de la mort?
Que peut comprendre mon corps qui va bien de cette terreur que génère le corps qui ne va pas?
C'est peut-être là que se situe le sens de cette phrase : "Il y a deux moments dans la vie où on est seul : la naissance et la mort."
Le premier parce qu'on ne sait pas encore qu'il va y avoir du monde pour nous accompagner, le second parce qu'on est, à ce moment là, le plus avancé dans l'expérience de la vie, alors que tous les autres nous suivent et qu'on ne le sait pas encore, on est le premier sur la liste.
Donc oui, le seul. Mais pas que.....